CURIEUX DU MONDE

L'étranger est un ami que l'on n'a pas encore rencontré.

1 octobre 2016
par admin
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Parures corporelles en Papouasie

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La parure corporelle papoue est un art à part entière au même titre que la sculpture des masques ou bien celle des piliers des Maisons des Esprits.

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Sa fonction ultime est de « parler », de raconter une histoire, d’afficher des signes devant être compris des initiés ou de tous, témoignant d’un savoir faire très précis transmis oralement au fil des générations. Tout parure est un message, inscrit dans les formes, les couleurs et les matériaux.

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Pour les Papous, la force de cet « Art » tient à la puissance des symboles, à la diversité des styles et à la richesse de la mythologie qu’il véhicule, et pas nécessairement à la qualité esthétique qui nous éblouit.

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Toutefois, cette esthétique a été largement mise en avant depuis une cinquantaine d’années lorsque les Australiens, cherchant des arguments pour convaincre les Papous, notamment ceux des montagnes, de cesser de se faire la guerre eurent ainsi l’idée d’organiser de grands concours de parures inter-tribaux. Le premier de ces rassemblements fut le Goroka Show.
Il s’agissait d’inciter les participants à s’affronter à coups de plumes et de peintures plutôt que de se tirer des flèches les uns sur les autres. Le succès auprès du public local fut immédiat et perdure toujours.

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Immergés dans les parades effrénées de plumes, de couleurs, de feuilles colorées, pliées et bruissantes, de variété de costumes, de colliers de coquillages, nous avons été subjugués par la diversité des parures et envoûtés par les litanies des chants accompagnés de tambours et de flûtes.

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Il a été bien difficile de choisir quelques photos sur les centaines que nous avons prises, pour partager notre ravissement avec vous.

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26 septembre 2016
par admin
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Mythique Sepik!

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Plus de mille kilomètres de méandres d’un large fleuve limoneux serpentant dans une immense forêt vierge;

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des crues annuelles, en saison des pluies, de 6 à 8 mètres transformant les plaines en vastes lacs et les cases en maisons sur pilotis, où chacun se déplace avec sa pirogue; de multiples tribus féroces aux riches coutumes; des sculptures élaborées qui transmettent les légendes ancestrales; les Esprits du Crocodile et de l’Aigle bien vivaces; aucune piste ni électricité à des dizaines de kilomètres à la ronde; des averses diluviennes quotidiennes: le Sepik est bien toujours ce territoire d’exploration mythique qui fait rêver les ethnologues et les « Curieux du Monde » un peu fous dans notre genre!

Une des légendes, essentielle pour comprendre la mythologie commune des tribus de la région du Sepik, est celle de la femme Crocodile dont voici le récit qui nous a été conté:

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« Alors qu’une jeune fille coupait du bois avec sa hache en pierre, un éclat de pierre vint malencontreusement blesser une sorcière. Pour se venger, la sorcière prit l’apparence de la grand mère de la jeune fille et lui demanda de venir pêcher avec elle en pirogue sur le fleuve Sepik. Elle lui demanda d’accoster sur une petite île et, après lui avoir révélé sa véritable nature maléfique, elle abandonna la jeune fille à son triste sort. Désespérée, celle-ci se mit à pleurer. Un petit poisson entend ces sanglots et vient écouter son histoire. Il va vite informer l’Esprit Crocodile au fonds du fleuve mais le poisson est trop petit pour être cru. Cependant l’Esprit Crocodile est contrarié par cette histoire et envoie un poisson un peu plus gros qui lui rapporte la même histoire et ainsi de suite avec plusieurs poissons de taille de plus en plus respectable. Finalement l’Esprit Crocodile va lui même rencontrer la jeune fille et lui propose de la sauver en se mariant avec lui. N’ayant pas d’autre choix, la jeune fille accepte et va vivre dans les profondeurs du Sepik. De cette union naissent deux aigles qui, en grandissant, auront la force nécessaire pour ramener leur mère à son village natal en la déposant sur un manguier. »

En principe l’histoire s’arrête là mais on suppose que c’est ainsi que la Femme Crocodile a pu transmettre aux humains le culte de l’Esprit Crocodile et les rites magiques de sa vénération qui sont encore si vivants aujourd’hui.

Tous les villages de la région possèdent leurs maisons des Esprits.

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Il s’agit de temples, strictement réservés aux hommes initiés, qui abritent les objets sacrés réservés aux rites.
Les hommes s’y réunissent quotidiennement pour palabrer et prendre les décisions importantes concernant la communauté.

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Chaque clan a propre plateforme, sous les auspices de son animal totem sculpté sur les poteaux.

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Comme partout en Papouasie, les guerres tribales étaient très fréquentes et violentes. Ainsi la pratique de placer les têtes de ses ennemis sur des pierres dressées (encore noircies par le sang des victimes…) devant la maison des Esprits.

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Sur le Moyen Sepik, dans la tribu des Yatmoul, l’initiation des jeunes hommes prend la forme de scarifications qui donnent à leur peau un aspect de peau de crocodile, ce qui est le but recherché.

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Ces scarifications horriblement douloureuses, accompagnées d’un enseignement et de pratiques magiques, avec l’objectif symbolique d’évacuer le sang maternel,  donnent ensuite le droit aux jeunes de pénétrer dans les maisons des esprits et de tenir leur rôle d’homme dans la Communauté.

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Heureusement, les coutumes comportent aussi des danses « sing-sing » bien plus gaies, telle que la danse Kasoar.

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Les plus belles sculptures sur bois de Papouasie sont réalisées au Sepik, et nous n’avons évidemment pas résisté longtemps…

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Dans le Sepik, le fleuve c’est la vie: on s’y déplace, on y fait sa lessive et sa toilette, on y pêche.

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Cependant  le Sepik se mérite et on se doit d’accepter les dures conditions de vie locales,

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malgré les moustiques,

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mais avec leurs sourires d’encouragement!

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25 septembre 2016
par admin
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Cérémonies Kalam

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Les Kalams vivent depuis des milliers d’années dans la vallée isolée de Simbai, au milieu des montagnes et de forêts primaires: aller à leur rencontre est une expédition!

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Aucune route ne les relie aux autres tribus des Highlands, seulement de petits avions charter où passagers et bagages sont pesés pour être judicieusement répartis dans l’appareil, avec pilote très expérimenté pour un atterrissage à vue sur un mini champs bosselé, plein de rebondissements…

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Nombreux sont ceux de la communauté qui nous attendent: jeunes et anciens, le regard brillant de joie et de bienveillance, heureux que nous soyons venus spécialement pour partager avec eux la double grande célébration ancestrale qui se prépare : l’initiation des garçons et le paiement des dotes.

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Au cours de notre marche vers le campement, l’émotion est forte, les poignées de mains échangées sont multiples, les « moning  » pidgin (Good morning) fusent de toute part, les accolades avec les vieilles mamas qui nous plient en deux sont comme des offrandes que nous recevons.

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Les Kalams qui nous accompagnent en costume de fête au son des tambours sont fiers de nous accueillir selon la tradition et nous ne le ressentons aucunement comme de tristes exhibitions commerciales. Bien au contraire!

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Les coiffes de cérémonie des hommes sont extraordinaires: d’une hauteur de plus d’un mètre, elles sont principalement composées de têtes de scarabées verts, de fleurs de roseaux, de plumes de perroquets et de paradisiers.
Des feuilles de pandanus séchées ou soigneusement pliées en « plissé- soleil » sont attachées autour de leur taille, et leurs poitrines sont notamment parées de coquillages de nacre d’une valeur exceptionnelle pour ces villages de montagne.

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L’ultime parure est la décoration du nez, puisque l’homme initié est reconnaissable à ses narines percées où ils plantent résolument plumes, disques, bâtonnets ou défenses de cochons sauvages.

L’initiation des garçons est donc un événement de grande importance.
Depuis plusieurs jours, les jeunes adolescents sont enfermés dans une grande maison spécifiquement construite pour eux, sans boire ni manger de nourriture liquide.
Grâce à la divulgation des enseignements des hommes qui les initient et à l’expérience de la douleur du percement des narines, d’enfants innocents ils deviendront des hommes ouverts à la connaissance du monde et seront ainsi en mesure de protéger leur future famille.

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Pendant cette période, les mères et les sœurs des initiés, que nous rejoignons, sont restées à l’extérieur, pour les soutenir moralement jour et nuit par leurs « sing sing » (chants et danses).

Le lendemain, l’effervescence est à son comble: c’est la préparation du « Mumu » : cuisson ancestrale, datée par les archéologues à plus de 1 600 ans, des cochons qui seront en partie dégustés puis offerts le jour suivant comme paiement de dote.

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Le cérémonial du Mumu commence dès le matin par  » slaughtering et butchery « , selon l’expression du chef de village. Âmes sensibles s’abstenir puisqu’il s’agit de tuer les 15 cochons chacun attachés à leur pieux, les uns après les autres à coup de gourdins! Très satisfait par la réussite de cette opération qui nous laisse plutôt nauséeux, chacune des familles des initiés Kalam va s’activer fébrilement pour faire chauffer les pierres de cuisson sous un échafaudage savant de planches de bois qui dégagent une fumée à nous boucaner sur place!

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Le rite le plus usuel de la préparation est de creuser un grand trou, de le tapisser de feuilles de bananier fraîches et humides pour dégager de la vapeur, y poser les pierres incandescentes, les recouvrir de kilos de verdures odorantes dans lesquelles seront placés les morceaux des cochons équarris et recouvrir encore le tout de pierres brûlantes puis de feuilles.

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Un bon six heures de préparation sous un soleil équatorial à 1800 m d’altitude, ça chauffe l’ambiance et pourtant, que des rires et des sourires de contentement , pas un cri, aucun énervement, chaque famille travaille tranquillement de concert, les plus petits chassant distraitement les mouches avec des feuilles, garçonnets maniant la hache avec leur père pour alimenter le feu en bois, hommes et femmes concentrés sur la réussite de leur Mumu.

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Trois heures plus tard, c’est la dégustation. Tous assis au bord du trou réouvert, chacun se délecte de cette viande cuite à l’étuvée, en ayant préalablement mis à part les morceaux de choix.

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Les têtes seront remises dans le trou et recouvertes jusqu’au lendemain.

Le dernier jour de fête commence par la sortie des initiés.

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Après cris et interpellations au travers des cloisons,les anciens ouvrent à la hache la maison des initiés, symbolique de l’enfant qui sort de sa coquille. Nous voyons enfin apparaître nos très jeunes  » hommes » , un peu éprouvés , au visage sérieux , leur petit bâtonnet qui transperce leur nez bien en place et portant une coiffe unique faite de fourrure de couscous (petit mammifère arboricole) surmontée de plumes. Les hommes sont fiers, les mères sont soulagées et les sing sing repartent de plus belle pour les accueillir.

Nous sommes heureux avec eux.

Soudain, l’atmosphère change, l’humeur est devenue sérieuse et une tension inquiète s’installe au fur et à mesure que les nattes sont déroulées pour y placer les cadeaux de la dote: morceaux de choix et têtes de cochons, argent, coquillages, plumes d’oiseaux, flèches et arcs, ….

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En effet, un homme Kalam qui se marie, verse une dote à la famille de sa femme en plusieurs fois au fur et à mesure du déroulement de la vie. L’initiation d’un fils avec la préparation du Mumu est une excellente occasion pour faire un paiement supplémentaire. Mais voilà, est-ce ce qui est offert conviendra?

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L’accord, avec soupirs de soulagement pour certaines familles se conclut en montrant l’argent à bout de bras au su et au vu de tous et se scelle par des poignées de main.
La famille de la mariée est non seulement satisfaite de recevoir l’argent mais également fière que sa fille, ou sa sœur ou sa nièce soit estimée et reconnue comme une forte valeur de travail.

Difficile d’adhérer en tant qu’occidentales ….mais qu’importe, nous sommes si heureux de les voir contents. Nous nous remercions mutuellement d’être ensemble et seule une averse diluvienne nous fera les quitter.

8 septembre 2016
par admin
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Les Hulis: de féroces guerriers bien coquets.

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Les Hulis vivent isolés sur les hauts plateaux de la Nouvelle Guinée, dans la région de Tari, et sont encore connus pour leur tempérament guerrier. Chacun d’eux porte une longue machette sur le flanc et la mine patibulaire est travaillée dès l’enfance.

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Le paradoxe est que ce tempérament belliqueux des hommes est associé à une extrême coquetterie.
Même avec peu de moyens, on se pare de feuilles, on glisse une plume dans ses cheveux ou même sa barbe.

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La tradition du costume de parade est bien vivace dans les villages, pour toutes les cérémonies locales.
Les Hulis qui porteront le costume traditionnel suivront d’abord une initiation sous l’autorité d’un maître durant plusieurs années. Ils apprendront ainsi l’art de la guerre et de la survie en forêt et se laisseront pousser les cheveux.

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En effet, les Hulis, aussi appelés « hommes-perruques « , ont la caractéristique de se confectionner une coiffe avec leurs propres cheveux.

Pour ce faire, ils les arrosent chaque matin avec de l’eau sacrée par des mots magiques,

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Le Maître de cérémonie les démêle, les crêpe, les arrange avec grand soin, les coupe régulièrement pour obtenir la forme recherchée pour la future coiffe.

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Arrivée à la taille et forme voulue, cette chevelure est taillée au plus près du crâne puis consolidée avec des cordelettes pour constituer la base de la coiffe.

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Celle-ci sera précieusement conservée à la Maison des Hommes, prête à être décorée pour chaque cérémonie.

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Se mettre en costume pour une cérémonie prend facilement trois heures de préparation, et le temps est principalement consacré à la décoration de la perruque où les plumes seront délicatement choisies et disposées.

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Le corps sera peint avec soin par les autres guerriers avant la danse des oiseaux.

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Le résultat est chaque fois unique et spectaculaire!

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Nous avons eu l’opportunité de vivre cette expérience dans un village reculé où la tradition est encore authentique et où le plaisir de la rencontre est véritablement partagé et mutuel.
Quelle chance!

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31 août 2016
par admin
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A l’autre bout du Monde…

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Mais qu’y a t il de l’autre côté de notre monde?
On retourne prestement le globe terrestre et l’on trouve l’Australie et la Nouvelle Zélande. Trop facile! Nous y avons déjà traîné nos guêtres en 2012…
On analyse un peu plus la carte et, juste au dessus, on tombe sur un territoire qui fleure bon l’aventure hors des sentiers balisés: la Papouasie – Nouvelle Guinée!

Voilà encore un lieu mythique qui nous a fait rêver enfant:
. Frémir à l’évocation de ces peuples cannibales et coupeurs de têtes,
. Sourire avec Gaston Lagaffe qui jouait sur les mots: « il y a des papous papa à poux, des papous pas papa, de papa pas papous à poux… »

Comme nous ne savons pas résister à notre curiosité, nous partons donc passer le mois de septembre dans ces contrées lointaines!

Nous allons y rencontrer différentes ethnies:
. Les Huli, guerriers et en même temps extrêmement coquets…

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. Les Abelam, qui,peuplent les montagnes du Sepik,

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. Les « Hommes Crocodiles », qui se scarifient la peau pour ressembler à esprit crocodile,

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. Les « Hommes Boue » de la vallée d’Asaro,

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Et aussi les Kalam des montagnes de Simbai

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Puis nous décollerons pour l’Ile de Nouvelle Bretagne, au pied du Volcan Tavurvur.

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Et enfin nous nous reposerons de toutes ces aventures au bord du golfe de Kimbe, connu pour ses fonds coralliens.

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Nous partageons ces photos puisées sur internet car il nous sera probablement difficile d’alimenter Curieux du Monde depuis ces montagnes reculées souvent privées d’électricité.  Nous ferons le maximum pour partager nos émotions avec vous!

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Et maintenant, à l’Aventure!

12 mars 2016
par admin
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Les Mayas: qu’apprendre de cette civilisation disparue?

 

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Nous sommes allés à la recherche des sites Mayas que les archéologues disputent à la végétation dans les forêts tropicales du Bélize et du Guatemala.

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Depuis une cinquantaine d’années, les chercheurs redécouvrent ces sites immenses.

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Temples majestueux dominant le paysage,

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Palais pouvant comporter jusqu’à 5 étages,

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Grands espaces consacrés aux jeux de balle ritualisés,

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Il faut imaginer tous ces édifices recouverts de stuc clair et largement décorés de motifs colorés!

Lamanai face temple linteau alignement astrologique   Atun Ha 1

Et pourtant, soudain autour de 900 AJC, bien avant l’arrivée des Conquistadors espagnols, les conflits entre cités rivales et les révoltes internes provoquent l’effondrement de cette société après 1400 ans de prospérité et la désertion de ces cités.

Que s’est il passé? Comment cette société brillante, maîtrisant l’écriture, le calcul, l’astronomie et l’agriculture s’est elle auto-détruite?

Les archéologues s’accordent sur les causes principales suivantes:

. Sur expoitation des ressources,
. Déforestation excessive entraînant un appauvrissement des sols et de longues périodes de sécheresse,
. Luttes constantes entre les cités-état au lieu de coopérer,
. Élites coupées du peuple, abusant de leurs prérogatives et incapables de trouver des solutions aux difficultés rencontrées.

Le parallèle avec notre situation actuelle est criant.

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Ne fuyons pas nos responsabilités!

 

Tirons partie de l’expérience des Mayas,  respectons notre planète et ré-apprenons à vivre ensemble, comme ces enfants bélizéens jouant au milieu des temples!

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11 mars 2016
par admin
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Bague à la patte

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Ni bague au doigt, ni fil à la patte, juste un moment ser(e)in et privilégié d’ornithologie !

Le Black Rock Lodge où nous séjournons étudie la migration des oiseaux entre Le Belize et les États Unis et répertorie également les oiseaux endémiques. Il est donc nécessaire de les baguer.

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Le processus commence par la mise en place de filets très fins pour capturer les oiseaux.

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C’est évidemment stressant pour eux d’être « emberlificotés » dans ces fils et les ornithologues font diligence pour les récupérer le plus rapidement possible.
L’apaisement vient déjà dans la façon très spéciale qu’ils ont de les saisir entre leurs doigts. En les dégageant ensuite avec douceur, ils leur permettent de retrouver leur calme en les glissant dans un sachet de tissu opaque.

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De retour à la base, s’ensuit alors tout un rituel d’observations et de mesures, qui sont méticuleusement consignées.

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Durant cet examen attentif, les ailes seront dépliées pour évaluer l’âge de l’oiseau en fonction de la qualité des plumes, de leur recouvrement les unes sur les autres et de leurs couleurs.

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Certains oiseaux perdent leurs plumes ventrales et développent un liquide sous cutané pour communiquer plus de chaleur à leur nid. A la fin de la nidation, les plumes repoussent. Aussi en soufflant sur son poitrail , il est possible de déterminer si l’oiseau a déjà couvé ses œufs. C’est le cas de notre petit spécimen.

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Pour baguer l’oiseau, il convient de s’assurer qu’il n’y a pas de blessure sur la patte, la
mesurer à l’aide d’une petite règle pour choisir la bonne taille de la bague qui sera délicatement posée à l’aide d’une pince.

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Dernière étape : la pesée

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Une jolie photo , et c’est la liberté retrouvée!

Au cours de cette matinée,nous nous sommes à chaque fois émerveillés de la fragilité et de la complexité inouïe de cette espèce. Belle expérience :-))

4 mars 2016
par admin
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Caye Caulker: Go slow…

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Le Belize est une anomalie en Amérique Centrale, une enclave du Common Wealth en territoire hispanique.

C’est un cocktail tropical avec plusieurs mesures de rhum bélizéen, du lait de coco, des îliens et des touristes détendus, des accents de reggae et de grands sourires!

L’île de Caye Caulker, dans la barrière de corail au large du continent, en est un parfait exemple.

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Ici, surtout pas de de voiture, une population bigarrée et un rythme trèèèès cool…

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Des cafés colorés accueillants,

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La mer turquoise tout autour,

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Une communauté Rasta bien vivante,

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Des maisons de plage qui font envie…

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Et enfin des récifs coralliens éblouissants!

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(Photos d’internet qui représentent exactement ce que nous avons vécu).

Vous l’avez compris nous sommes bien rentrés dans le rythme créole et après quelques jours nous nous sentons intégrés dans la communauté où le salut journalier: « Hello, ma sista from anoda mista, ma broda from anoda mader » (my sister of my other father, my brother of my other mother) n’est pas qu’une formule mais bien une façon de vivre…

 

 

 

 

 

 

 

3 mars 2016
par admin
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Nicaragua: Délires & Dictatures

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L’Histoire du Nicaragua est plutôt violente et mouvementée, et l’ingérence des États-Unis y a joué un rôle prédominant. Sans faire de l’antiaméricanisme primaire, le Nicaragua est une incroyable illustration de manipulations.

Dès le milieu du XIXème siècle, fait historique incroyable, 120 américains débarquèrent au Nicaragua, commandés par un flibustier, William Walker, qui se proclama Président du pays. Son objectif était d’étendre le territoire destiné au système d’esclavage qui était sur le point d’être aboli dans l’Union! Heureusement, Walker fut vaincu l’année suivante par les armées alliées de toute l’Amérique Centrale.

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Au début du XXeme siècle, les États Unis n’en restèrent pas à leur coup d’essai et occupèrent à nouveau militairement le Nicaragua pour chasser le Parti Libéral au pouvoir.
La nouvelle occupation américaine fut héroïquement combattue par Augusto C. Sandino, Général d’origine paysanne. Malheureusement pour Sandino, les américains, avant de quitter le territoire, avaient mis en place une Garde Nationale commandée par Anastasio Somoza, qui fit assassiner le leader guérillero.

A partir de 1936, Anastasio Somoza concentra progressivement tous les pouvoirs: militaire, politique et économique et établit au Nicaragua, par des repressions violentes, une dictature népotique avec ses deux fils qui lui succédèrent.

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La dynastie Somoza s’accapara environ 40% de l’économie du pays au travers des terres et des industries.
Pendant cette période, le Nicaragua est fermement anti-communiste et un fidèle allié des États-Unis, jusqu’à la prise du pouvoir par les rebelles du Front Sandiniste de Libération (FSL) inspiré par le héros Sandino en 1979.

S’ensuivit alors un rapprochement avec Cuba et l’URSS au grand dam des États-Unis qui craignaient que ce ré alignement ne fasse tâche d’huile en Amérique latine.
Le sandiniste Daniel Ortega, qui fut élu ensuite à la présidence, dut composer à la fois avec un embargo économique américain et une guérilla armée financé par les États-Unis (encore!).

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Aussi dans ce contexte, l’adoption d’un modèle de développement socialiste marxiste, en pleine crise économique, s’avèra difficile et fatale à sa réélection.

Ce n’est qu’en 2006, que Daniel Ortega revint au pouvoir, toute idéologie marxiste évanouie.
Des 2010, un journaliste nicaraguayen dénonçait dans un article paru dans Courrier International, une subordination des institutions de l’Etat encore plus profonde que celle qu’avait réalisée Somoza, parce qu’à l’époque le pouvoir judiciaire conservait un certain degré d’indépendance.

Aujourd’hui, toutes les institutions – justice, élections, parquet, inspection des finances, droits de l’homme – sont soumises à la volonté de toute-puissance d’Ortega.

De plus, ce journaliste avait pressenti que Daniel Ortega allait développer un culte de la personnalité si outrageux qu’il en est devenu extravagant, comme nous avons pu en témoigner.

Les ressorts de la communication sont simples et efficaces:

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1. une extensive campagne d’affichage
Le Président seul ou le couple de Daniel Ortega et sa femme Rosario Murillo apparaissent sur des panneaux de très grand format, tout au long des routes principales.

2. un slogan de rassemblement
 » Chrétienne, Socialiste, Solidaire »
Et des heures de discours politique à la Fidel Castro

3. une proximité étudiée avec la population
Jamais on ne cite Ortega dans la presse (dont il détient la majorité) comme Monsieur le Président, mais c’est par son prénom « Daniel » qu’il est fait référence. La figure paternaliste est savamment cultivée : quand le Nicaragua reçoit une aide internationale, c’est « Daniel » qui re distribue ensuite une partie des fonds, sans en indiquer l’origine étrangère bien-sûr …

Sur les affiches, sa femme est habillée en baba cool avec bagues et bracelets type peace and love avec un sourire bienveillant qui cache une redoutable femme d’affaires.

4. une référence constante à Augusto Sandino, libérateur du Nicaragua et martyr de l’impérialisme américain ce qui permet une fusion totale du parti sandiniste et du pouvoir présidentiel.  Sa silhouette est omniprésente.

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Le FSL s’affiche partout: son drapeau noir et rouge flotte côte à côte avec celui du Nicaragua, y compris sur les bâtiments officiels et la majorité des poteaux télégraphiques et pylônes dans les campagnes est peint en noir et rouge. C’est du bourrage de crâne peu cher et efficace.

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5. l’exaltation de la fierté nationale en se référant au célèbre poète Ruben Dario
Enfant prodige de Leone et grand amateur de littérature française, Ruben Dario parcourut le monde en tant que diplomate, journaliste et écrivain et surtout rédigea un poème dont un vers est répété à l’envie:
« Le Nicaragua est un petit pays aux grands rêves »

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6. Délirer en grand format
Rosario Murillo a ajouté une dimension mystique et ésotérique étonnante à leur exercice du pouvoir, ainsi elle a dessiné un nouveau symbole mystérieux et coloré pour le Parti.

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Depuis peu, elle a décidé d’embellir la vie des nicaraguayens avec des couleurs de l’arc en ciel: aux couleurs traditionnelles noir et rouge des fameux poteaux s’ajoutent des couleurs de « joie » .
Le Must réside dans son délire d’implanter de gigantesques Arbres de Vie en métal de 10 mètres de haut de toutes les couleurs et qui s’illuminent la nuit.

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Quand on sait que le Nicaragua est le second pays le plus pauvre d’Amérique Centrale, que chaque arbre coûte 28 000 dollars et qu’il consomme autant qu’un pâté de maisons, ça donne plutôt envie de pleurer!

1 mars 2016
par admin
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Les volcanologues initiés

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Les apprentis volcanologues costariciens, que nous étions, vous avaient promis une suite : nous voici donc au Nicaragua pour parfaire notre initiation.

Au bord du lac de Managua se dresse le Momotombo, avec son petit frère le Momotombito.  Au delà de son nom amusant, le Momotombo est entré de nouveau en activité, avec des éruptions épisodiques.  Nous espérons une belle démonstration et nous sommes un peu déçus de n’observer qu’un petit panache depuis notre point de vue.

Mais à peine avons nous poursuivi notre route qu’il projette une immense colonne de cendres dans les cieux!

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Les volcans ne manquent pas au Nicaragua et nous partons à l’assaut du Cerro Negro, une immense montagne de fragments de lave noire:

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Nous marchons sur la lèvre du cratère d’où s’échappent quelques fumerolles,

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avant de dévaller la forte pente en courant comme des enfants, sans tomber la tête la première!

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Pour cloturer ce périple volcanique, nous grimpons jusqu’aù cratère du volcan Telica,

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pour rejoindre un bivouac sommaire au pied du sommet,

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au coucher du soleil nous nous rapprochons du cratère et là, divine surprise, à quelques deux cents mètres au fond rougeoit une boule de lave, les gaz en s’échappant emettant un bruit de réacteur d’avion au décollage!

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Nous grimperons à nouveau dans la nuit où le grondement et le rougeoiement du volcan apparaissent plus impressionnants encore! Fascination quand tu nous tiens!